Partager les émotions
C’était ma philosophie avec Biarritz, c’était celle avec le XV de France et c’est encore la mienne chez les Wasps bien évidemment. Durant toute ma carrière, comme dans la reconversion que j’ai déjà entreprise avec le Spa Kemana à Biarritz, j’ai toujours fait en sorte que les gens ressentent des émotions et aient envie de les partager. C’est ainsi que nous devons voir notre vie en club, en regardant tous dans la même direction, en nous soutenant les uns les autres. Nous sommes ensemble pour vivre de belles et grandes choses. Je pense par exemple que dans une équipe de rugby, il faut relativiser les performances des individus : chaque effort compte d’abord pour le collectif. Seule l’émotion partagée et l’envie de se surpasser pour honorer les espoirs qui sont placés en vous donnent du sens à votre action.
Faire le soleil
En 2004, je me suis livré à cœur ouvert en publiant “Faire le soleil”, ouvrage dans lequel je retrace mon parcours, ou comment le gosse de Kumba, au Cameroun, allait devenir le Serge de Clichy, puis le Betsen de toute la planète ovale. En écrivant, on “lâche” des choses qui nous tiennent à cœur. C’est aussi une manière de remercier tous ceux qui vous ont aidé dans votre parcours, vous ont permis de découvrir le rugby et de vivre à travers lui…
17 ans de bonheur à Biarritz
Juin 2008. Un très grand hommage m’a été réservé après mon dernier match sous les couleurs biarrotes. Ce sont des moments très émouvants. Biarritz, c’est 17 ans de ma vie, la moitié de ma existance. Là, j’ai vu défiler mes débuts à Clichy, ma petite famille… On m’a fait passer des messages très émouvants, le club, les partenaires, les supporters… C’est la famille toute entière du rugby qui est la mienne. Je partais à l’été 2008 pour j’espère mieux revenir, pour apprendre et voir autre chose. On a vécu des saisons intenses à Biarritz. Le rugby revient à partager des moments intenses, souffrir ensemble, donner à notre public et ceux qui nous ont aidés. Supporters, partenaires, amis, famille, dirigeants, toux ceux qui vivent et vibrent pour le rugby, nous leur devons ces efforts pour ce qu’ils nous apportent au quotidien.
L’hommage d’Olivier Roumat,
(champion de France 2002 aux côtés de Serge Betsen avec le BOPB)
“Fidèle à son club durant tant d’années, Serge a énormément progressé pour devenir le meilleur troisième ligne du monde. Il s’est préraré plus que la moyenne. Je retiens sa générosité et sa gentillesse. Ce que l’on retrouve à l’applaudimètre, comme quand il avait été blessé à Toulouse. J’ai eu un grand plaisir à jouer avec lui. Ce joueur ne doute jamais, donne toujours tout ce qu’il a. C’est en exemple pour le rugby. Il synthérise l’état d’esprit et les valeurs du rugby”.
2008, le tournant des Wasps
En 2008, je m’offre donc un ultime challenge auprès du club champion d’Europe en titre, celui de Lawrence Dallaglio et de Raphaël Ibañez, les London Wasps. J’ai tout connu au Biarritz Olympique en 17 ans, professionnellement, en tant que sportif de haut niveau, et à titre personnel. Après Clichy, tout a passé très vite… C’est une longue histoire, une histoire de coeur, que j’ai eu la chance de relever avec plusieurs générations de joueurs et dirigeants. Ce que m’apportent les Wasps va au-delà de ce toute ce que j’aurais pu imaginer. Je découvre une civilisation et une culture du rugby.